« DEVELOPPER LA MICROFINANCE DANS LES REGIONS RURALES DU MAROC »
INTRODUCTION : SITUATION EN MILIEU RURAL
Résolument engagé dans son combat pour le développement, le Maroc a fait de la lutte contre la pauvreté une priorité nationale.
Aujourd’hui, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain lancée en mai 2005 par sa Majesté le Roi Mohammed VI, témoigne de la volonté du royaume à gagner ce pari du développement et son attachement au monde rural.
Dans cette nouvelle politique économique, la priorité sera donnée aux zones les plus démunies notamment aux populations habitant les zones rurales durement frappées par les multiples et difficiles années de sécheresse qu’a connu le Maroc.
L’absence d’infrastructures de base et des ressources agit négativement sur les revenus et les conditions de vie de ces populations rurales où sévit une grave paupérisation et "une misère désespérée"... comparativement aux autres pays de la région MENA.
Cette situation a engendré un exode massif de ces populations rurales vers les grandes villes du royaume qui au même moment, sont tentées comme celles habitant les zones urbaines défavorisées, à l’émigration vers l’Europe en quête d’horizons meilleurs.
Cette politique pour le développement du monde rural se caractérise par des programmes de microcrédits au bénéfice de micro-entrepreneurs ruraux pour le financement d’activités contribuant à un développement rural intégré des zones défavorisées.
La lutte contre la pauvreté
Pour faire face à la pauvreté du monde rural, le Maroc a récemment mis en oeuvre plusieurs programmes.
En effet "la Stratégie 2020 de développement rural" lancée par le gouvernement marocain en 2001 est un ambitieux programme dont l’objectif est d’éliminer la pauvreté d’ici 2020.
Dans ce cadre, le royaume du Maroc a reçu un prêt de 25 millions de dollars de la Banque Mondiale pour la mise en oeuvre d’un des volets de ce programme qui ambitionne un projet de développement rural intégré de zones défavorisées.
Quatre années plus tard plus précisément en mai 2005, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a lancé l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain) qui est un programme de mise à niveau sociale et de développement humain dont bénéficient 360 communes rurales les plus pauvres du royaume et 250 zones urbaines.
Dans ce dessein royal qui engage de facto, l’ensemble des opérateurs économiques, il est primordial de renforcer l’impact des investissements publics et privés pour lutter efficacement contre la pauvreté du monde rural en mettant des synergies afin de créer des emplois induits par le secteur privé, de promouvoir la microfinance comme outil efficace pour lutter contre la pauvreté et financer des activités génératrices de revenus.
Mais force est de constater qu’à l’heure actuelle, la plupart des Associations de Microcrédit marocaines concrétisent surtout leurs actions en milieu urbain et sur des segments spécifiques notamment sur la micro-entreprise urbaine et péri-urbaine de petite et moyenne taille. Ces AMC financent surtout les candidats au petit commerce et les petits artisans.
Cette frilosité des AMC à l’égard du monde rural s’explique surtout dans le fait que la plupart des habitants de ces régions vivent souvent dans un état de dénuement total et n’ont pas la possibilité d’offrir des garanties aux associations de microcrédit, et ne sont pas non plus éligibles au système de financement institutionnel.
Cela dit, le financement de ces populations rurales qui semblent être laissées à elles-mêmes, requiert d’abord un encadrement de proximité, des produits adaptés et diversifiés et ce en fonction des spécificités régionales. Des cycles de production et une véritable organisation de commercialisation de leurs activités devraient être mis en œuvre pour répondre efficacement aux objectifs escomptés que sont le développement des zones rurales et le relèvement des conditions de vie et d’existence de ces populations. L’Etat, en concertation avec les principales institutions de financement doit mener des campagnes de sensibilisation, d’orientation quant aux activités de ces populations mais aussi des cycles de formation dans les domaines de la gestion des micro-entreprises comme le fait actuellement PlaNet Finance Maroc avec la collaboration des AMC.
La situation en milieu rural
Selon une enquête menée en 1998 par la Direction Nationale de la Statistique, 22% des ménages ruraux marocains seraient touchés par la pauvreté alors qu’en milieu urbain ce pourcentage n’est que de 9,1%.
Actuellement, on compte en milieu rural, près de 1,2 million de microentrepreneurs alors qu’on dénombre à peine 100.000 micro-entrepreneurs qui bénéficient d’un microcrédit. Il y a donc une population potentielle non touchée par la microfinance et le monde rural marocain fait état d’un réel besoin en microcrédits. Pour preuve, une récente étude réalisée en 2002 par l’association Al Amana a confirmé ces besoins précités du monde rural et elle a également démontré qu’il y a dans ces zones d’énormes possibilités de création d’activités génératrices de revenus.
Les différentes activités à développer dans le milieu rural.
Produits pêche
Avec près de 3000 kilomètres de côtes, le Maroc dispose d’importantes ressources halieutiques. La pêche maritime occupe une place de choix dans l’économie nationale et elle génère à l’heure actuelle un chiffre d’affaires de 12 milliards de Dirhams .
Il est vrai que les besoins en équipements se font sentir dans ce domaine mais il faut reconnaître l’engagement des associations de microcrédit qui s’attèlent à developper le secteur par l’octroi de microcrédits dans les secteurs de :
. la pêche artisanale
. la commercialisation des produits de la pêche artisanale
. l’industrie de valorisation.
Produit élevage
L’élevage marocain, qui dépend pour une grande part des aléas climatiques, continue de payer un lourd tribut notamment dans les zones rurales où les années de sécheresse perturbent le secteur. La majorité des ménages du milieu rural font un petit élevage de subsistance qui est souvent décimé au cours des périodes non pluvieuses. Cet élevage est souvent soit un élevage de prestige ou est destiné à la constitution d’un cheptel ou encore à la revente dans les marchés hebdomadaires ou "Souks". Il permet ainsi une source de revenu minimum pour les familles rurales.
En ce moment, les associations de microcrédit comme pour les autres activités du monde rural, mettent les bouchées doubles pour venir au chevet de cette activité en pleine recrudescence grâce à des programmes de microcrédits destinés aux micro-entrepreneurs dans les domaines de :
. l’élevage des bovins
. l’élevage des ovins, des caprins, la cuniculture, l’aviculture avec production saisonnière pour embouche ovine pendant le Ramadan et moutons pour l’Aïd.
Produit arboriculture
Pour le produit arboriculture nous citerons le cas du palmier dattier qui constitue le pivot de l’écosystème oasien des régions sahariennes et présahariennes. Au Maroc, le palmier dattier contribue à hauteur de 40 à 60% à la formation des revenus agricoles pour 1 millions d’habitants. En plus de cet apport financier considérable, il fournit divers matériaux destinés à l’artisanat, la construction etc.
Cette dynamique du secteur est donc une raison valable et motivante pour les AMC d’y mettre l’accent dans l’apport de microcrédits à tous les ruraux porteurs de projets de ce genre.
Produit artisanat
Beaucoup de régions marocaines du milieu rural tirent essentiellement leurs revenus sur la production artisanale et la plupart des acteurs du domaine sont des femmes. Cette situation s’explique par le fait qu’elles sont beaucoup plus disponibles à exercer cette activité mais aussi qu’elles peuvent accéder facilement à des microcrédits offerts par un certain nombre d’associations. Il faut noter que le plupart des associations de microcrédit marocaines ont d’ailleurs pour principale clientèle les femmes.
Aujourd’hui, il faut remarquer que l’artisanat souffre d’un manque d’organisation et d’une faible représentativité institutionnelle. Aucune définition juridique n’est jusque là clairement définie pour encadrer la profession, ce qui entraîne un phénomène de dégradation des conditions sociales des artisans qui s’effilochent d’année en année.
En plus, victime d’un désintéressement quasi-total du système bancaire, ce secteur souffre du manque d’appui financier et de la concurrence.
Cela dit, l’artisanat doit se doter d’une organisation qui permette de sauvegarder la transmission du savoir-faire tout en améliorant le niveau social, culturel ainsi que le niveau de formation des artisanes afin de les intégrer dans le processus de développement économique et global du pays. Tel est le voeu de l’INDH, des coopératives, des chambres artisanales et des associations de microcrédit .
Au terme , on remarque bien que le secteur de la microfinance en milieu rural est en plein essor. Cette microfinance ne se limite pas aux seuls acteurs traditionnels, aux micro-entrepreneurs des AMC mais s’élargit aussi à d’autres acteurs tels que les coopératives agricoles et artisanales qui sont en train de prendre une part non négligeable dans le développement du secteur.
Même si la majorité des bénéficiaires de microcrédit est essentiellement composée de femmes (70%) et analphabètes à 40% force est de constater le rôle des experts techniques, des chercheurs et des techniciens agricoles dans le design de nouveaux produits bien adaptés ainsi que la formation des micro-entrepreneurs.
A cela, s’ajoute l’inclusion des autorités publiques dans les projets ruraux qui facilite la collaboration entre institutions publiques et privées.
UN PROJET AMBITIEUX

Dans ce contexte, PlaNet Finance Maroc s’est alliée à 7 associations de microcrédit (AMSSF, Fondation ARDI, AIMC, AMOS, ATIL, Al Karama et INMAA) pour renforcer leur offre en milieu rural, au plus près de la population qui a le plus besoin de ce type de services.
Financé par la Commission Européenne, ce projet sur 3 ans (fin 2005-fin 2008) vise à la création d’au moins 21 nouvelles antennes dans différentes zones rurales du territoire marocain. L’objectif est de toucher 12 000 microentrepreneurs.
 Brochure Projet Microfinance en milieu rural
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