Au Maroc, seulement 20% de la population a accès au système bancaire. Pourtant, les plus démunis ont autant si ce n’est plus besoin de services financiers que les autres : peut être pour des crédits productifs, investis dans une petite activité, mais encore pour des crédits à la consommation, à l’épargne ou à l’assurance permettant de sécuriser le niveau de vie, ou en d’autres termes, de faire face aux coups durs de la vie.
Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui voient dans la Microfinance, et tout particulièrement dans le microcrédit, un outil de développement prometteur dont le principe est le suivant : offrir un accès au crédit aux personnes porteuses d’un projet productif lorsqu’elles n’ont pas accès au système bancaire traditionnel.
Tel est l’objectif des Associations de MicroCrédit (AMC) qui, par l’octroi d’un petit crédit adapté aux besoins de son bénéficiaire, donnent à ce dernier les moyens de développer une activité. Généralement, les bénéficiaires d’un crédit gèrent une petite activité qui leur assure un revenu journalier. L’apport en capital peut leur permettre de développer cette activité préexistante mais aussi d’entreprendre une activité nouvelle fondée sur une idée viable et sérieuse. Un microcrédit commence souvent à 1 000 ou 1 500 dirhams ; il est remboursable en 3 à 6 mois, selon les cas.
La plupart des microcrédits prennent la forme du crédit solidaire : le prêt est octroyé à un groupe de personnes (entre 4 et 8 selon les AMC) qui décide de se porter garant en s’engageant à rembourser la dette d’un de ses membres en cas de problème. Cette technique a fait ses preuves : les taux de remboursement excèdent les 98% dans le secteur, à comparer avec celui des banques qui avoisine les 80% ! Quand l’entrepreneur a fait preuve de son sérieux, il a la possibilité d’accéder aux crédits individuels, dont les montants peuvent aller de 10 000 à 50 000 MAD selon les cas.
Par ailleurs, il faut savoir que de nombreuses associations proposent des séances de formation informatique, de gestion et/ou de comptabilité à leurs bénéficiaires. Certaines s’intéressent également à des thèmes moins directement liés à l’entreprises mais socialement tout aussi pertinents. Par exemple, des AMC marocaines forment aujourd’hui aux principes de base liés à la santé ou encore à la Moudawana, nouveau Code de la Famille.